Centre d’expertise pour la recherche en immuno-transplantation et en oncologie


L’Inserm vient de publier un dossier sur la transplantation d’organes  avec la participation des chercheurs nantais de l’Inserm U1064  Sophie Brouard et Régis Josien sur le développement de nouvelles approches en transplantation rénale.

Extrait

Vers une immunosuppression « à la carte »?

Chaque individu ayant une réponse immunitaire propre, il convient d’adapter l’immunosuppression au patient et de la moduler en permanence. Pour cela, il faut connaître à tout moment le statut immunitaire du patient, son risque de rejet et, dans l’idéal, l’état du greffon.

Les chercheurs se consacrent donc à la caractérisation et la hiérarchisation des facteurs de risque de rejet, et souhaitent identifier des biomarqueurs de la réponse immunitaire et de l’état du greffon. À Nantes, une équipe de l’unité Inserm 1064 veut comprendre pourquoi certains individus se montrent naturellement plus tolérants que d’autres. Elle recherche des marqueurs sanguins associés à cette capacité à se passer d’immunosuppression. Une autre équipe, à Limoges, coordonne pour sa part le projet Biomargin qui vise à repérer, dans le sang ou les urines, des biomarqueurs (dans l’idéal pronostiques) des lésions du greffon rénal. Les deux équipes s’apprêtent à passer au stade de la recherche clinique.

De l’immunosuppression à l’immunotolérance

Une stratégie alternative à l’immunosuppression consiste à « apprendre » au système immunitaire du receveur à considérer le greffon comme faisant partie du « soi », tout en préservant la défense de l’organisme. Cette tolérance induite fait depuis quelques années l’objet de recherches actives, à l’Inserm comme ailleurs. Trois voies se présentent.

La première consiste à détruire – par irradiation ou chimiquement – la moelle osseuse du receveur, c’est-à-dire le tissu qui engendre les lymphocytes, et à la remplacer par celle du donneur. Dès lors, le greffon sera reconnu comme du « soi ». Le donneur devant être vivant, la méthode s’applique à la transplantation rénale. Deux essais cliniques menés aux Etats-Unis (à Stanford et Boston), initialement avec un certain succès, sont actuellement interrompus.

Une deuxième voie consiste à « éduquer » des cellules immunitaires du receveur à accepter le greffon, avant de les lui réinjecter. Un essai clinique est en cours aux Etats-Unis (Chicago). Une équipe du CHU de Nantes (unité Inserm 1064) participe à l’étude européenne The One Study qui utilise des cellules dendritiques cultivées de manière à les rendre inhibitrices de la réaction immunitaire. Un essai clinique a démarré sur trois patients.

Retrouvez l’interview de Sophie Brouard :

 

Lire l’intégralité du dossier :

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